Méditation de frère Alois : Jeudi 29 décembre

Hier soir, je vous disais que la confiance entre les humains est une des valeurs les plus nécessaires pour trouver de nouvelles formes de solidarité. Pendant ces jours à Berlin, nous voudrions nous soutenir les uns les autres pour enraciner cette conviction dans la confiance en Dieu.

La confiance en Dieu est liée à un combat intérieur, elle ne va pas de soi. Alors le temps n’est-il pas venu de poser d’une manière nouvelle la question : que signifie croire en Dieu ? La communion qu’il nous est donné de vivre ces jours nous pousse à poser cette question. Et c’est celle que vous approfondirez demain matin dans les groupes : que signifie la confiance en Dieu ?

En Jésus, Dieu vient vers nous. Il cherche à être proche de chaque être humain. Je voudrais tellement que nous tous, nous sentions ces jours d’une manière renouvelée cette proximité.

Mais comment ? Est-ce que nous ne devons pas plutôt reconnaître que nous ne sentons rien ou très peu de la présence de Dieu ? Oui, c’est vrai pour beaucoup. Ou c’est vrai pour certaines périodes de notre vie. Mais n’en restons pas à ce constat. Allons plus profond. Comment ? me demanderez-vous encore.

Pour accueillir la présence de Dieu en nous, nous ne sommes pas laissés uniquement à nos sentiments. Dieu fait appel à notre capacité, même toute petite, de faire confiance.

Concrètement cela peut vouloir dire : prendre des moments où nous mettons nos soucis au deuxième plan, pour créer comme un espace intérieur où Dieu peut venir. Même si nous ne ressentons qu’un vide, l’Esprit Saint vient, et imperceptiblement la confiance en Dieu peut s’élargir en nous.

Cela suppose de renoncer à l’image d’un Dieu qui répondrait toujours à nos besoins immédiats. Et cela peut être dur pour nous, en particulier quand nous devons faire face à l’absurdité de la souffrance.

L’Évangile nous demande ce saut exigeant, un retournement radical de l’image que nous avons de Dieu : reconnaître que Dieu se fait vulnérable, c’est-à-dire qu’il a besoin, lui, d’être aimé. Son amour pour nous contient la question : « Et toi, m’aimes-tu ? ».

En nous disant que notre amour compte pour lui, Dieu reconnaît la grandeur de notre vie et notre liberté. Par là, même au plus démuni des humains, Dieu rend sa dignité, il lui fait justice.

Tous nous pouvons exprimer notre amour pour Dieu, peut-être pas avec des sentiments élevés ou des pensées extraordinaires. Mais nous pouvons faire silence et simplement lui dire : « Tu sais que je t’aime, que je voudrais vivre de la confiance en ta présence ». Dans la prière il y a toujours quelque chose du ciel et de la terre qui s’unissent.

De tels moments de prière, nous n’en sentons peut-être pas immédiatement un effet. Mais Dieu nous donne l’Esprit Saint et la vie de Dieu en nous peut germer, grandir et inspirer nos pensées et nos actions.

Ainsi dans nos relations humaines nous nous laissons toujours davantage déterminer par l’amour que Dieu nous porte et non pas par la peur ou par des réactions de défense. La confiance que Dieu place en nous devient rayonnement de bienveillance pour ceux qui nous sont confiés, source d’une vie en solidarité avec les autres.

La solidarité ne peut pas s’arrêter à notre porte. C’est pourquoi nous accomplissons ensemble ces jours un geste pour la population de Corée du Nord. Depuis une quinzaine d’années nous pouvons depuis Taizé faire régulièrement une action humanitaire pour ce pays divisé qui nous tient à cœur. Merci à tous ceux parmi vous qui ont apporté des appareils médicaux ou des médicaments que nous allons envoyer à des hôpitaux dans des régions rurales à travers la Croix Rouge à Pyongyang.

L’Évangile nous le rappelle : le Christ se fait solidaire des plus pauvres. En ceux qui ont faim, qui sont malades ou abandonnées, il nous attend.

La prière ouvre notre horizon. Dieu peut, au cœur des contradictions de la vie, allumer une flamme d’espérance et de joie. Une telle prière nous rapproche de Dieu et change notre regard sur le monde. Que l’amour de Dieu nous touche, au point que notre vie devienne une vie pour les autres.

Ce dossier "Taizé-Berlin" a été réalisé à l'occasion de la rencontre européenne de Taizé à Rotterdam par JeunesCathos.org, le portail "jeunes" francophone de l'Eglise catholique de Belgique. Contact : webmaster@jeunescathos.org