Ces jours nous nous interrogeons sur de nouvelles formes de solidarité. Réunis à Berlin, de toute l’Europe, nous cherchons à donner un signe clair que nous voulons une Europe solidaire et ouverte et que nous soutenons les réformes nécessaire pour y arriver.
Face aux changements extrêmement rapides de nos sociétés, face aux incertitudes et aux difficultés économiques, à nous de rappeler que « l’économique », si important soit-il, n’est pas la mesure de l’homme, que la dimension spirituelle est constitutive de l’être humain, que la dignité de chaque être humain demande un respect infini.
Nous sommes reconnaissants pour les nombreux messages que nous avons reçus. Le secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, nous écrit : « Je suis heureux que vous portiez votre attention sur la recherche de nouvelles formes de solidarité. Vous avez un rôle crucial à jouer pour conduire des changements politiques et sociaux. Mais rappelez-vous qu’être connectés, ce n’est pas la même chose qu’être unis. Être connectés dépend de la technologie – être unis dépend de la solidarité. La solidarité doit être le fondement pour des solutions globales. »
L’expérience de communion qu’il nous est donné de faire ces jours nous interroge : comment se fait-il que nous puissions vivre une telle communion, venant d’horizons si différents ?
Cette communion n’est-elle pas un signe que le message de l’Évangile n’est pas lettre morte, mais source d’une vie nouvelle qui nous vient du Christ ? Le Christ est vivant aujourd’hui. Sans imposer quoi que ce soit il accompagne chaque être humain. C’est lui qui nous rassemble.
Dire par notre vie que le Christ nous rassemble dans l’amour de Dieu, c’est la raison d’être de notre petite communauté de Taizé.
Frère Roger était comme imprégné d’une passion pour la communion. La confiance en Dieu, dans le Christ et l’Esprit Saint, était pour lui inséparable d’une recherche de réconciliation et de paix entre les humains. Demain matin dans les groupes vous allez vous demander ce que cela peut signifier aussi pour vous.
L’Eglise n’est pas une société à part. Le Christ envoie dans le monde celles et ceux qui croient en lui, pour être ferment de confiance et de paix, pour être sel de la terre. Dans ce sens frère Roger parlait du « Christ de communion ».
Alors comment pouvons-nous perpétuer le scandale de la division entre chrétiens ? Nous allons même jusqu’à ne plus ressentir nos divisions comme un scandale ! Une diversité devra toujours exister entre différentes spiritualités et traditions. Mais notre résignation va si loin que nous prenons cette diversité comme prétexte pour ne plus chercher une unité visible.
La deuxième moitie du siècle passé a connu de grandes avancées vers la réconciliation des chrétiens. Nous ne voulons pas aujourd’hui rester sur place et nous installer dans un parallélisme. Avec détermination nous voulons tout faire pour arriver à l’unité visible entre chrétiens.
Cela signifie aller les uns vers les autres pour réaliser un échange de dons : découvrir le meilleur que Dieu a déposé chez les autres. Cela signifie aussi faire ensemble tout ce qui est possible et nous pourrions faire ensemble beaucoup plus que ce que nous pensons.
Cela signifie surtout prier davantage ensemble. Nous retrouver plus souvent ensemble dans des veillées de prière, c’est déjà anticiper l’unité et laisser l’Esprit Saint nous unir. Cela permettra sans doute aussi au dialogue théologique d’avancer.
Animé par cette recherche, notre pèlerinage de confiance ne se termine pas à Berlin, mais il va continuer. Parmi les prochaines étapes, petites ou plus vastes, je voudrais maintenant en mentionner quatre.
La 3e rencontre internationale de jeunes en Afrique aura lieu du 14 au 18 novembre au Rwanda, à Kigali.
Il est essentiel de trouver une nouvelle solidarité entre l’Afrique et l’Europe, un vrai partenariat, une écoute mutuelle. Le Rwanda porte encore les traces d’une guerre civile, mais le pays se reconstruit et a trouvé un dynamisme. A Taizé il y aura chaque semaine des journées de préparation pour ceux qui souhaiteront participer à cette rencontre de Kigali.
Le 2 mars prochain, avec un groupe international de jeunes, nous irons prier avec les responsables du Conseil œcuménique des Églises qui rassemble plusieurs centaines d’Églises orthodoxes, anglicanes, protestantes et unies. Ce sera à Genève.
Pour mieux découvrir l’Église orthodoxe, après avoir fait à Pâques dernier un pèlerinage à Moscou, nous irons avec des jeunes des différents continents, du 3 au 6 janvier 2013 célébrer la fête de l’Épiphanie avec le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomeos et les chrétiens de la ville d’Istanbul.
Et pour finir où aura lieu notre prochaine rencontre européenne ? Cette fois, nous sommes attendus dans le sud de l’Europe. Dans un an, du 28 décembre 2012 au 2 janvier 2013, nous irons en Italie, dans la ville de Rome.
Nous avons ce soir avec nous le secrétaire général du diocèse de Rome, Mgr Mancini. Et dans le message que nous avons reçu de la part du pape Benoît XVI il y a ces mots : « Le Saint-Père vous dit la joie qu’il aura à vous accueillir l’an prochain pour la 35e rencontre européenne de votre pèlerinage de confiance sur la terre. Rome vous recevra chaleureusement ! ».
Découvre la pastorale des jeunes de ta région !
Ce dossier "Taizé-Berlin" a été réalisé à l'occasion de la rencontre européenne de Taizé à Rotterdam par JeunesCathos.org, le portail "jeunes" francophone de l'Eglise catholique de Belgique. Contact : webmaster@jeunescathos.org