A Molokai, au-delà du salut des âmes, Ie Père Damien se soucie également du bien-être physique des lépreux. Bien plus, il veut être très proche de ses ouailles, partager leur vie, manger à leur table. A longueur de journée, seul, sans se laisser rebuter par les odeurs fétides et l'aspect repoussant des visages, il visite ses lépreux, leur procure un peu d'attention, panse leurs plaies, leur distribue des habits chauds et accompagne ceux qui ont achevé leur calvaire jusqu'à leur dernière demeure.
Grâce à lui, l'enfer de Molokai, fait d'égoïsme, d'immoralité et de désespoir, se transforme peu à peu en une communauté authentique. Il y recrée les conditions d'une existence sinon heureuse, du moins pacifiée. Il ouvre un magasin où les malades peuvent s'approvisionner gratuitement. Pour agrémenter les loisirs des lépreux, il crée une fanfare. Avec l'aide des plus valides, il construit un hôpital, des maisons, un orphelinat, une église et il fait venir l'eau jusqu'au village.
En vivant si proche des lépreux, il finit par contracter la maladie. Cependant il ne se décourage pas et il redouble même d'ardeur et d'activité pendant les quatre dernières années de sa vie. A l'image du Christ, on peut dire de lui qu'il "a aimé jusqu'au bout". C'est surtout à partir du moment où il se découvre malade qu'il connait un profond épanouissement spirituel : uni au Christ crucifié, il découvre une joie étonnante.
Poussé par son désir de soulager la souffrance des lépreux, le Père Damien s'intéresse aussi aux progrès de la science et, lorsqu'il se sait lui-même lépreux, il expérimente sur lui les nouveaux traitements.
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Ce dossier "Damien" a été réalisé à l'occasion de la canonisation du Père Damien par JeunesCathos.org, le portail "jeunes" francophone de l'Eglise catholique de Belgique. Contact : webmaster@jeunescathos.org
Plus je suis exposé et abandonné à moi-même, plus j’ai le droit de compter sur le secours du Bon Dieu
Extrait d'une lettre à son supérieur provincial, 28 janvier 1868