» Le Pape Benoît XVI
» Le patriarche Bartholomée de Constantinople
» L’Archevêque de Canterbury, Rowan Williams
» Le Secrétaire Général de la Fédération luthérienne mondiale, Rev. Ishmael Noko
» Le Secrétaire Général des Nations Unies, M. Ban Ki Moon
» M. Herman Van Rompuy, Président du Conseil européen
» Le Président de la Commission européenne, M. Manuel Barroso
Chers jeunes,
Par la prière, le Saint Père s’unit à vous qui êtes réunis, à l’appel de la communauté de Taizé, à Pozna?, dans la patrie de son grand prédécesseur Jean-Paul II. Il demande à l’Esprit Saint de vous communiquer toujours plus le désir de Dieu et d’approfondir votre confiance en Lui afin que vous puissiez avancer avec courage vers le futur et ses multiples défis.
Le Pape vous fait confiance pour aller à la rencontre des hommes et des femmes qui ont perdu le sens de Dieu, qui le cherchent comme à tâtons, parfois sans le savoir. Ils ont besoin de rencontrer de vrais témoins afin que brille pour eux le visage du Christ. Que Dieu vous inspire les gestes et les paroles qui rendront accessibles à d’autres, après votre retour dans vos pays, l’espérance qui vous fait vivre et l’élan que son Esprit veut donner à toute vie humaine !
Oui, réjouissez-vous de la soif qu’Il a lui-même a déposée en vous : elle dit votre dignité de fils et de filles de Dieu. Pendant cette 32e rencontre européenne en Pologne, nouvelle étape de votre pèlerinage de confiance à travers la terre, vous découvrirez la joie de puiser ensemble aux sources du Dieu Vivant, la joie de la communion dans le Christ. C’est à cette joie que vous destine son appel.
Vous confiant à l’intercession de la Vierge Marie, mère des croyants, Sa Sainteté le Pape Benoît XVI vous accorde de grand cœur une affectueuse bénédiction apostolique, ainsi qu’aux frères de Taizé, à toutes les personnes qui ont organisé ce pèlerinage, aux pasteurs et aux fidèles qui vous accueillent, et à vos familles.
« Soyez sans crainte car je vous annonce une grande joie qui sera celle de tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur qui est le Christ Seigneur. » (Luc 2, 10-11)
Alors que l’annonce de l’ange aux bergers résonne encore à travers les cantiques de l’Église, l’insondable mystère de l’incarnation se prolonge jusqu’à nos jours. Il nous rappelle l’expérience centrale de la foi chrétienne que le salut de l’homme passe par sa déification, possibilité offerte à l’homme de devenir Dieu par grâce.
« Soyez sans crainte ! »
Dans une période d’instabilité économique où la précarité de l’emploi se développe sur fond de pandémie, le monde est troublé par une crise dont les ramifications s’étendent jusque dans les profondeurs de la vie moderne. Des « veaux d’or » font leur apparition sacrifiant la justice, l’égalité et la liberté sur l’autel du consumérisme. Crise économique, crise des valeurs, crise de l’identité, le monde globalisé se caractérise par une perte de sens. À l’heure de l’explosion des réseaux sociaux, les liens personnels sont rompus, ils sont devenus virtuels. Ce mouvement de sécularisation est avant tout une négation de la sacralité du monde, une rupture du lien qui existe entre Dieu, l’homme et la création.
Or, ce « Soyez sans crainte », n’est autre que la promesse que ce lien existe encore, que ce lien est indestructible car il s’inscrit dans le plan infini de l’amour de Dieu pour l’homme. Dieu en s’incarnant, c’est-à-dire en prenant sur Lui la nature humaine, « récapitule », comme le dit Saint Irénée de Lyon, le lien d’amour entre le Créateur et sa créature, pour l’élever à la hauteur de la communion. Le monde sous toutes ses facettes devient alors une épiphanie, une manifestation de Dieu et de son amour.
Cette 32e rencontre européenne, la quatrième en Pologne, poursuit l’inspiration initiée par le Frère Roger pour qui le rapprochement entre frères et sœurs dans le christianisme constituait le ferment unique « du pèlerinage de confiance sur la terre ». Voici que 30 000 jeunes s’apprêtent à se retrouver durant cinq jours à Pozna?. Outre les rencontres et les échanges, les participants vont faire l’expérience de ce lien de communion et de fraternité tout en s’efforçant de devenir eux-mêmes ces épiphanies divines par la grâce du Saint Esprit.
Dieu est entré dans le monde, il s’inscrit désormais dans l’histoire rappelant aux hommes que toute liberté est à chercher en Lui et par Lui. Alors que l’Europe vient de commémorer le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, cet événement n’est aucunement envisageable sans la mobilisation des chrétiens. Depuis les manifestations non-violentes organisées par les Églises protestantes de Leipzig, jusqu’aux efforts internationaux déployés par le Pape de Rome Jean-Paul II qui ne cessait de crier « N’ayez pas peur », en passant par la mobilisation des Églises orthodoxes à l’intérieur comme à l’extérieur du bloc soviétique, la chute du mur de Berlin n’est pas uniquement la fin d’une séquence historique ou encore un événement purement politique, sa grandeur est œcuménique.
Après la chute du mur de Berlin, l’Europe ne reconnaît plus au christianisme la place que l’histoire lui avait consacrée. En effet, alors que l’union des pays de l’Europe s’élabore politiquement et économiquement, c’est son histoire et son identité qui semblent remises en question. Le christianisme est comme expulsé de l’histoire de l’Europe. Or, nous tenons à rappeler ici que l’identité de l’Europe est avant tout chrétienne et qu’elle ne peut être envisagée sans cet héritage. La sécularisation de l’Europe prend ici la forme d’un rejet de Dieu de l’histoire. Néanmoins, la mobilisation des chrétiens de toute l’Europe, ainsi que le manifeste le rassemblement de Pozna?, constitue une initiative importante rappelant les racines chrétiennes de ce continent, son identité et ses valeurs.
Finalement, l’incarnation de Dieu dans l’histoire se prolonge dans la vie de l’Église et rayonne sur la création tout entière. La désacralisation du monde touche aussi la nature, l’environnement. Alors qu’il était son prêtre, l’homme est devenu son bourreau. Il s’est créé un nouveau mur, invisible cette fois, qui le coupe de l’environnement et qui détruit son lien à la nature. Redécouvrir la sacralité de la création, protéger la nature, faire de l’environnement une théophanie, tels sont les nouveaux défis pour les chrétiens d’aujourd’hui. Ainsi, de même que les chrétiens de toute l’Europe ont su se mobiliser pour démolir le mur de Berlin et mettre fin à la guerre froide, de même devons-nous nous mobiliser contre la « guerre du réchauffement climatique ».
Durant ces cinq jours, nous vous engageons à prier tout particulièrement pour la planète. Nous vous appelons aussi, vous tous les participants de cette rencontre européenne de Pozna?, à être les témoins vivants du Christ né, les témoins du Christ ressuscité, d’un Dieu rentré dans l’histoire, d’un Dieu de la création.
Comment porter ce témoignage ?
Le Christ le dit lui-même dans l’Évangile selon Saint Jean : « A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples ; si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jean 13, 35)
Alors, « soyez sans crainte » !
Mes frères et sœurs, chers amis,
C’est un privilège pour moi de pouvoir vous envoyer mes prières et mes salutations alors que vous êtes ensemble à Pozna? pour cette rencontre européenne, étape du « pèlerinage de confiance sur la terre ». Ma visite à Taizé, en août dernier, a été un cadeau et une grâce dont je me souviendrai longtemps. Ce fut merveilleux de revivre cette atmosphère particulière de joie, de service mutuel et d’accueil, et de me sentir accompagné par tant de personnes de partout à travers le monde.
En ces jours, vous partagerez vos réflexions sur un grand nombre des défis les plus pressants de notre monde. Au cœur de toutes ces questions, il y a celle qui est peut-être la plus urgente et la plus incisive : qu’est-ce que vivre une vie vraiment humaine ?
Nous avons vu comment l’humanité est défigurée et blessée par de fausses idées de la richesse, de fausses idées de la sécurité, de fausses idées de la liberté. Notre vocation de chrétiens est de dévoiler face au monde la vérité de notre destinée humaine. Jésus dit que la vérité nous rendra libres (Jean 8.22), qu’il est venu donner la vie en abondance (Jean 10.10) et que lui-même est à la fois la vérité et la vie, et aussi le chemin sur lequel nous devons marcher pour atteindre la vérité et la vie (Jean 14,6).
La destinée de l’homme est donc visible en Jésus, dans une vie qui prend totalement en compte la tragédie et l’attente du monde : générosité sans limites devant elles, résolution face au danger et au sacrifice que cela entraîne, et surtout, joie dans la poursuite de ce chemin. Voici la vérité, voici l’humanité dévoilée, voici la vie.
Au commencement de la nouvelle année, je vous souhaite abondance de vie dans la vérité et d’amour dans la vérité – pour reprendre le titre de la grande encyclique du pape Benoît XVI Caritas in veritate. Je prie pour que cette rencontre opère une véritable révolution donnant de comprendre ce qu’il nous faut pour être ce pourquoi nous avons été créés, et de démasquer les faux idéaux et les fantasmes qui cachent la beauté du vrai visage de l’humanité : « la gloire de Dieu sur le visage de Jésus Christ » (II Corinthiens 4.6).
Chers amis,
Au nom de la Fédération luthérienne mondiale, je vous salue, jeunes amis de toute l’Europe et d’autres parties du monde. Comme par le passé, vous vous réunissez en fin d’année pour continuer le « Pèlerinage de confiance sur la terre ».
Vous vous réunissez en Pologne alors que nous sommes toujours dans le temps de Noël. Je salue et partage avec vous les paroles de l’évangéliste Luc, 2, 9-11 :
« Un ange du Seigneur se présenta devant eux,
la gloire du Seigneur les enveloppa de lumière
et ils furent saisis d’une grande crainte.
Mais l’ange leur dit : « Soyez sans crainte, car voici,
je viens vous annoncer une bonne nouvelle,
qui sera une grande joie pour tout le peuple :
il vous est né aujourd’hui dans la ville de David un Sauveur,
qui est le Messie, le Seigneur. »
Le plus frappant dans ce passage est la réaction humaine à l’annonce de la naissance de Jésus. Aujourd’hui, l’annonce de Noël évoque des images de grands magasins magnifiquement décorés, de cadeaux aux emballages magnifiques, boîtes et récipients de toutes sortes. Ce n’est jamais une occasion de crainte, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais pourquoi les bergers ont-ils eu peur à l’annonce de la naissance de Jésus ? Il y avait probablement de nombreuses raisons, parmi lesquelles la peur d’Hérode le Grand. C’était un roi connu pour sa cruauté. Durant son règne, il avait mis à mort de nombreuses personnes dont des membres de sa propre famille. Une part de cette peur était peut-être liée au comportement indiscipliné de soldats romains qui avaient à l’occasion exercé leur autorité de façon inacceptable ou inhumaine. Ils pouvaient être effrayés à cause de la situation générale, économique et politique, de la Palestine occupée de cette époque, qui générait instabilité et incertitude dans toutes les sphères de la vie.
Les Anges répondent à toutes ces préoccupations et inquiétudes en disant : « N’ayez pas peur ». La raison qu’ils donnent est que le Christ le Sauveur est né à Bethléem ! Toutefois, le fait que le Christ était né à Bethléem ne constituait pas en soi une garantie de tranquillité. Mais ce qui est important dans le message des Anges pour notre monde troublé d’aujourd’hui, c’est que le Christ est né au-delà de la petite ville de Bethléem. Il doit naître dans nos cœurs afin que nous puissions connaître la bonne nouvelle et la joie qu’il apporte à notre monde. Accepter le Christ par la foi nous donne la force et le courage de faire face aux défis de notre temps. Par conséquent, la bonne nouvelle en tout cela est que le Christ, notre Rédempteur, est parmi nous et qu’il a le dernier mot sur notre avenir. Nous n’avons plus à craindre.
C’est pourquoi, alors que vous vous réunissez en Pologne, soyez assurés de nos prières pour la réussite de cet important événement européen. Que le Seigneur vous bénisse et prenne soin de vous dans les jours à venir.
J’adresse mes salutations chaleureuses à tous les jeunes qui se sont rendus en Pologne pour le Pèlerinage de confiance sur la Terre de cette année.
Je me réjouis que vous insistiez sur la communauté. Seuls, nous pouvons accomplir très peu de choses, mais ensemble nous pouvons améliorer le monde.
Je salue tout particulièrement l’accent que vous mettez, lors du pèlerinage de cette année, sur les questions sociales, notamment le sens de la liberté.
La liberté est un des fondements du développement et du bien-être humains. La liberté est parfois tenue pour acquise. Mais des millions de personnes à travers le monde ne bénéficient que d’une liberté relative ou fragmentaire. Tout en ayant la liberté de voyager ou de poursuivre leurs études, beaucoup n’ont pas la liberté de choisir leur forme de gouvernement, ni d’exprimer leurs convictions politiques ou religieuses. Ailleurs, les gens jouissent de la liberté à titre précaire, ou sentent que leur liberté est constamment menacée. Et, bien sûr, des milliers de gens sont emprisonnés pour leurs convictions légitimes et n’ont pas de liberté du tout.
Les Nations Unies travaillent pour les libertés fondamentales à travers le monde en suivant notre Charte fondatrice et la Déclaration universelle des droits de l’homme. Merci de votre appui dans cette mission planétaire et de votre propre engagement pour la justice, la solidarité et la paix.
Veuillez recevoir mes meilleurs vœux pour un pèlerinage fructueux qui contribuera à notre objectif commun d’un monde pacifique et prospère.
L’unification de l’Europe a été inspirée par cette idée profondément chrétienne du pardon et de la réconciliation après des siècles de guerres.
Elle a été inspirée aussi par le désir de liberté après des décennies de dictature communiste.
Les Eglises entre autre en Pologne ont joué un très grand rôle dans cette libération.
Mais le travail n’est pas accompli. Il faut se battre chaque jour contre les tendances particularistes, égoïstes et xénophobes au sein de notre Europe. On doit continuer à rechercher l’unité dans la diversité.
C’est un grand travail de solidarité et d’amour.
Chers amis de Taizé et jeunes du monde entier,
Vous êtes assemblés à nouveau, les dizaines de milliers de jeunes venus de l’Est et de l’Ouest, des quatre coins de notre continent et même d’au-delà des frontières de l’Europe, pour célébrer la paix et la solidarité et pour ré?échir ensemble sur le sens du partage et de la liberté.
La ville de Pozna? et la Pologne, qui ont été choisis par la Communauté de Taizé pour votre rassemblement de cette année, évoquent deux dates cruciales pour notre histoire : la dé?agration de la deuxième guerre mondiale, en septembre 1939, et la chute du rideau de fer, dans l’automne de 1989, qui a permis le retour de la démocratie en Europe centrale et ouvert la voie à la réuni?cation de notre continent.
C’est alors dans ce contexte de préservation de la mémoire et célébration de la liberté et de l’unité retrouvées que je tiens aussi à vous saluer et à vous encourager à poursuivre votre mission. Je retiens le beau souvenir de ma rencontre avec Frère Alois, l’année passée ici au siège de la Commission européenne et le message que vous avez voulu apporter à Bruxelles.
Mon admiration et mes vœux de succès vous accompagnent.
Découvre le service de la pastorale des jeunes de ton coin !
Ce dossier "Taizé-Poznan" a été réalisé à l'occasion la rencontre européenne de Taizé à Poznan par JeunesCathos.org, le portail "jeunes" francophone de l'Eglise catholique de Belgique. Contact : webmaster@jeunescathos.org