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L’actualité du synode au quotidien

#L’actualité du synode au quotidien
 
Depuis deux ans qu'il se prépare, ça y est : le grand jour est arrivé !
 
Le Pape présidait la messe d'ouverture du synode des évêques sur les jeunes, la foi et le discernement des vocations. Dans son homélie place Saint-Pierre, François à notamment déclaré : 
"Nous commençons une nouvelle rencontre ecclésiale capable d’élargir les horizons, de dilater le cœur et de transformer ces structures qui aujourd'hui nous paralysent, nous séparent et nous éloignent des jeunes". Et d'ajouter: "L’espérance nous interpelle, nous déplace et rompt avec le conformisme du “on a toujours fait ainsi”, et elle nous demande de nous lever pour regarder directement le visage des jeunes et les situations dans lesquelles ils se trouvent."
 
Monseigneur Jean Kockerols, notre évêque référendaire pour la jeunesse, a été envoyé à Rome tout ce mois d'octobre pour participer à ce grand événement.
Prions pour lui !
Chaque semaine il nous enverra un blog pour que nous suivons pas à pas ce qui se passe là-bas!
 

Blog de Mgr Kockerols - RCF - Autres

Bienvenue sur le blog de Monseigneur Kockerols ! 
 
Du 3 au 28 octobre des évêques du monde entier se rassemblent autour du Pape à Rome pour
réfléchir sur le thème Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel.
Jean Kockerols, l’évêque référendaire pour la jeunesse, a été envoyé pour être le porte-parole des
jeunes belges : nos yeux, nos oreilles et notre voix !
Vous avez été plus de 4000 à répondre à l’enquête préparatoire. Restez connectés et suivez
l’actualité de ce synode ! Monseigneur Jean Kockerols nous écrira tous les vendredis quelques mots et un
rapport de sa semaine.
 

Message du vendredi 19 octobre 2018 - Billet 4 NEW

Un arc-en-ciel de sujets.

 

Chaque jour, la parole de jeunes vient s'ajouter à celle des évêques. Elle interpelle, elle est vraie, authentique et ne donc fait pas de détours. Elle touche non seulement les esprits mais aussi les coeurs. Elle est appréciée, à entendre les applaudissements qui lui font suite.

J'écoute Tahiry parler des immenses questions d'éducation et de scolarité à Madagascar.

J'écoute Daniel évoquer la si difficile vie en commun de chrétiens avec une population majoritairement musulmane au Pakistan.

J'écoute Oksana, qui souligne la nécessité que les familles de Moscou puissent réellement participer à la réception des travaux du synode.

J'écoute le cri et je vois les larmes de Safa venant de Bagdad, portant la marque de tant de violences.

J'écoute encore une autre partageant les attentes des jeunes de son pays de pouvoir compter sur des accompagnateurs, prêtres et laïcs, bien mieux formés et eux-mêmes accompagnés.

J'entends en mélodie de fond, ce cri qui revient : que l'Eglise ne nous laisse pas tomber !

 

En alternance avec les séances plénières, les évêques se réunissaient ces derniers jours en petits groupes de travail. Dans le mien, la place dévolue à la femme dans l'Eglise, tout comme la coresponsabilité des jeunes et leur implication dynamique dans la vie des diocèses, ont donné lieu à des débats animés. Mais l'éducation était aussi un sujet qui a retenu l'attention, de même que l'engagement politique des jeunes (j'ai dans mon groupe 3 évêques du Congo !) ou encore la présence de l'Eglise dans les prisons.

 

Un arc-en-ciel de sujets donc. Il faudra du talent pour les mettre dans le bon ordre... Viens Esprit Saint !

 

Bien des amitiés de Rome !


Message du vendredi 12 octobre 2018 - Billet 3 

Le synode est désormais à mi-parcours. De quoi qu’on cause ? ben… encore et toujours des jeunes, de la foi, de l’Eglise… On part toujours du texte qui avait été préparé, sur base des réponses envoyées par les jeunes aux différents questionnaires. Parfois ça part dans tous les sens. Souvent on se répète : inévitable. Quelques fois une intervention géniale (non, je ne parle pas de la mienne).

Je trouve que nous travaillons dur. Horaire de travail : en matinée de 9h à 12h30 avec la récréation de 10h30 à 11h, et l’après-midi, de 16h30 (et oui, il faut le temps de la sieste) à 19h15. Quand on arrive au Vatican, les gardes suisses se mettent au garde-à-vous et claquent des talons : cool, les gars !

Soit on travaille en groupe linguistique. Je suis dans le circulus gallicus C, le 3ème groupe francophone. Une quinzaine d’évêques du Canada, du Congo, de l’île Maurice, du Cameroun, de Centrafrique, du Laos, de Chine ( !), de France, du Liban et… de Belgique. Au début, on se vouvouyait. Maintenant, on s’appelle par notre prénom et c’est tu. Ouf. Et puis il y a trois jeunes (Congo, Cameroun, Côte d’Ivoire) qui nous secouent et nous ramènent à la réalité quand nous avons tendance à décoller dans la stratosphère des idées. Ils ne se gênent pas. Tant mieux.

Soit on travaille en séance plénière, avec le pape qui préside. 267 évêques du monde entier, qu’on appelle les « Pères synodaux », des experts, et 34 jeunes (quand même) qui se font bien entendre quand les interventions leur plaisent ! Mais la salle est très moche, sans fenêtre, sans couleurs... Traduction simultanée impeccable : je m’amuse parfois  à écouter les nuances qu’apportent les interprètes.

Mercredi dernier, j’ai pu parler devant tout le monde : 4 minutes, top chrono. J’ai choisi le thème de la vocation : un mot compliqué, mal compris, qui dit tout et rien. Tout à la fin, j’ai suggéré que l’Eglise appelle des jeunes mariés à servir le Peuple de Dieu en tant que prêtres. Pour l’instant, quelques réactions seulement, plutôt discrètes. J’espère que je ne me suis pas planté… A suivre !

 (à suivre, sans aucun doute)


EXCLUS du 10 octobre  => Le discours entier de Monseigneur Kockerols au Pape, aux évêques du monde entier et à nous TOUS :

J’aimerais en quelques points inviter à une meilleure compréhension de l’usage que nous faisons du terme « vocation » (cf. Instrumentum laboris (I.L.), II° partie, chapitre II, n°s 85 et sv).

 

  1. (Le choix de la vie) La vocation fondamentale qui résonne dans la conscience de tout être humain est l’appel à la vie. « Tu choisiras la vie pour que tu vives » (Dt 30,19) Ce choix fondamental, à renouveler chaque jour de notre existence, éveille à la confiance en soi, qui elle-même engendre une ouverture à l’autre et un engagement au service du monde. L’appel à la vie est chemin d’humanisation.

« Tu choisiras la vie… en aimant le Seigneur, en écoutant sa voix, en t’attachant à lui » (Dt 30,20). Pour le chrétien, cet appel à la vie est une invitation à être et à devenir disciple du Christ : « viens et suis-moi ». La réponse, donnée librement, est de modeler sa vie sur celle du Christ : à déployer la confiance en Dieu, la prière, l’amour, la joie, le don de soi... L’appel du Seigneur propose un chemin de déification, de sainteté.

  1. (Les choix dans la vie) La vocation baptismale est « source et sommet » de toute autre vocation. Et en premier lieu les appels dans la vie quotidienne, appels dont la réponse prépare les grands choix à faire aux tournants de l’existence.  L’Eglise se doit d’accompagner, avec tact et pédagogie, le discernement des jeunes. Elle doit les aider à faire « l’exégèse » de leur vie, pour qu’ils deviennent, chacun à son propre rythme, disciples du Christ. Si elle ne s’y engage pas mieux, l’Eglise continuera à perdre sa crédibilité.

(Le choix d’un état de vie) Voilà pourquoi l’Eglise accompagne aussi, sans forcer, les questions liées à l’état de vie : le mariage chrétien et le célibat pour le Royaume. Ces deux vocations méritent d’être, à part égale, mises en valeur par l’Eglise.

  1. Enfin, la vocation baptismale ouvre le cœur de certaines personnes - mariées ou célibataires - à l’appel de l’Eglise, au nom du Seigneur, à la servir, à être ministre de la communauté chrétienne. Le premier appelant est dans ce cas l’Eglise ! D’ailleurs, à l’appel de son nom, l’ordinand s’avance et dit « me voici ». Ensuite, on s’adresse à l’évêque : « la Sainte Eglise vous présente N. et demande que vous l’ordonniez prêtre ».

Il y a une vocation chrétienne, baptismale, et des vocations qui lui donnent chair. Permettez-moi de conclure : je suis convaincu que certains jeunes, qui ont puisé dans la vocation baptismale leur appel à s’engager par les liens du mariage, répondraient volontiers « me voici » si l’Eglise devait les appeler au ministère presbytéral.

 

+Jean Kockerols


Message du vendredi 5 octobre 2018 - Billet 2 

 

Impressions de synode

Le plus impressionnant : c’est vraiment la planète entière qui est ici représentée. Quelle belle universalité !

Le plus émouvant : les visages que chaque évêque porte dans son cœur. Toutes ces Eglises locales ont « leurs » jeunes, avec leurs questions et leur enthousiasme. On devine aussi leur présence.

Le plus fatigant : chaque « père synodal » ayant droit à une prise de parole de quatre minutes, il faut écouter des dizaines d’interventions à la suite l’une de l’autre, dans une des six langues officielles. Accrochez-vous !

Le plus moche : cette salle un peu vieillotte, sans fenêtre et sans décoration. Une parabole ?

Le plus contrasté : ces trois points blancs dans une marée noire (de soutanes), fr Aloys de Taizé, le maître général des dominicains, et le pape bien sûr.

Le plus cool : le pape qui circule parmi nous, comme tout autre participant et qui demande au président de séance s’il peut prendre la parole. Quelle simplicité !

Le plus attendu : l’Esprit Saint, qui fera lentement émerger avec clarté ce que le Seigneur attend de son Eglise…

+JK

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Billet 1: En décollant ce mardi 2 octobre pour le Vatican, il nous laisse ces quelques mots :
 
En route vers le Synode convoqué à Rome par le pape François sur les jeunes, la foi et le discernement
vocationnel, je suis…
 
Impatient. On en parle depuis si longtemps, il est temps qu’il commence !
Joyeux. Quelle chance d’aller passer 4 semaines en compagnie du pape François.
Curieux. Je n’ai jamais participé à ce genre de rencontres. J’espère que mes collègues sont sympas.
 
Inquiet, un peu. L’Eglise est fameusement chahutée pour l’instant. Est-ce que les débats pourront
rester sereins ?
Et j’ai déjà quelques scrupules : comment rester fidèle à tout ce qui a été dit dans les enquêtes, les
débats, les rencontres etc.
 
Dans ma valise : mes cahiers de notes, ma tablette, un bon dictionnaire italien, un peu d’argent de
poche pour aller manger une glace…
 
Chers amis, chers jeunes surtout : je me sens investi d’une mission, celle de parler et d’écouter, au
nom des jeunes de notre pays. C’est vous qui m’envoyez à Rome.
 
Je me confie à votre prière !
 
De tout cœur
+Jean
 

RCF 

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D’autres émissions à venir encore, dès la semaine prochaine : on vous garde informés !

 

Interview de Mgr Kockerols sur RCF : https://rcf.fr/actualite/synode-mgr-kockerols-se-prononce-en-faveur-de-l-ordination-d-hommes-maries

 


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